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日志


6月27日

Anitsha

Méditer, ça ne goûte pas bon. Littéralement parlant. Ça donne un arrière-goût dans la bouche plutôt déplaisant, comme lorsqu’on se réveille le matin. Mais ce n’est pas la seule activité à avoir ces caractéristiques : passer 69 heures dans un autobus donne le même effet. Alors j’aurais plutôt tendance à croire que ce qui donne le mauvais goût, c’est garder la bouche fermée et ne pas parler. Bref, ma meilleure amie pour ce séjour de 10 jours a été ma brosse à dent, assez étonnamment.

 

Comment ça s’est passé, sinon? J’entends la question d’ici… C’est plutôt dur à décrire, et en même temps facile à décrire. Je peux dire ce que j’ai fait, et ça pourra vous paraître niaiseux. C’est ce qui m’a apporté qui est plus notable, et c’est cette partie qui est dure à traduire en mots, surtout que je n’ai pas vraiment fini de décanter tout ça. Je me sens comme lorsque je suis revenue du Pérou, je pouvais parler de mon expérience mais il n’y a personne qui pouvait vraiment comprendre mon ressenti. Mais je vais quand même essayer de vous traduire du mieux que je peux ces 10 jours hors du temps (ou plutôt, dans le Temps). Vous comprendrez plus loin…

 

Je commencerai par dire que ce fut la chose la plus dure que j’ai faite dans ma vie, à date (sauf peut-être naître et apprendre à marcher, parler et tout ça, mais cette partie, je ne m’en rappelle pas très bien… :oP). T’avais qu’à partir, me direz-vous. Eh bien non, je voulais le faire jusqu’au bout, mais je rêvais quand même les 3-4 premières nuits que je m’en allais. Sans m’en rendre compte. Et après je voulais revenir mais je ne me souvenais plus comment me rendre au centre. Bref. Ce qui fut très dur? Le Temps. Le putain de temps qui ne passait pas. Dans ma vie de tous les jours, je n’ai jamais le temps, eh bien là-bas, il y en avait beaucoup trop. C’était comme un mauvais sort. J’allais aux toilettes, je prenais mon temps, je ressortais « Quoi une seule minute de passée? ». À en devenir complètement fou!! Ou plutôt folle : c’était ma réalité et elle n’était pas nécessairement partagée par tous. C’était aussi difficile pour moi de faire la même chose pendant ces 10 jours. Alors que je craignais les interdit (pas parler, lire, chanter, écouter de la musique) c’est la partie méditation qui me faisait le plus rusher. Corporellement, ça allait, mais c’est dans le travail qu’on avait à faire en méditation que je pédalais. C’était trop simple! Tellement ancré à la réalité! Les illusions et les rêveries me manquaient cruellement, j’avais de la difficulté à garder mon esprit tranquille et concentré sur mon corps. Car c’est ce que je devais faire. Passer mon attention de la tête aux pieds, parties par parties, en étant attentive aux sensations qui survenaient : chaleur, picotements, douleurs, pulsations, etc. Devenir de plus en plus attentive à la réalité de ces sensations. Et n’en ressentir aucune aversion ou attachement, rester équanime. Comprendre que tout est impermanent et que je n’ai pas à réagir à ce qui advient. Les sensations agréables et désagréables ont toutes les mêmes caractéristiques, celles d’apparaître et de disparaître. C’est la loi de la nature. C’était donc le travail que je devais faire, à la fois sur mon corps et sur mon esprit, je devais ne pas générer avidité ou aversion pour nulle sensation, et pour nulle pensée. Simplement observer, sans réagir. Ça ne veut pas dire que c’est ça qu’il faut faire dans la vie, rester légume et attendre que les autres nous coupent en petit morceaux. Ce n’est absolument pas ça. Mais ce n’est pas en réagissant à quelque chose, de façon incontrôlée, qu’on fait avancer les choses. Lorsque quelque chose survient, on l’observe, puis on voit comment on doit agir ensuite. Il ne faut juste pas réagir, dans le sens : action-réaction. Car nos réactions sont dirigées par l’aversion et l’avidité : je n’en veux plus – j’en veux plus! Et ça nous fait agir un peu n’importe comment, ça ne nous aide pas, ça nous met des entraves. Mettons que j’ai soif, je cherche de l’eau, je ne panique pas, je cherche de l’eau, point. Si je n’en trouve pas à un endroit, je vais aller en chercher à un autre, la panique ne servirait à rien et ne m’aiderait pas. Je fais l’action juste. Mais si on me critique, par exemple, je réagis intérieurement : je n’aime pas ça, et je peux me mettre à réagir n’importe comment. C’est comme un voile devant les yeux, je ne vois pas plus loin que cette situation. Bref, j’ai un peu de difficulté à expliquer tout ça, mais je pense que vous comprenez en gros. C’est comme si quelqu’un s’approche de moi avec une torche (l’exemple n’est pas de moi) pour me brûler, si je jette de l’essence dessus, ok, je neutralise le problème, il brûle, mais moi aussi je brûle. J’aurais du prendre de l’eau ou un extincteur… Pas mal plus logique.

 

Alors c’est ce qu’on faisait de nos journées, observer les sensations sur le corps. Accepter la réalité telle qu’elle est. On sait que dans la vie, il ne sert à rien de se mettre en colère, ou d’avoir de l’avidité. Mais lorsqu’on vit ces émotions, on est aveuglés, incapable de regarder notre colère ou notre avidité. Comment la regarderions-nous? On regarderait l’objet de notre colère, et ça empirerait les choses. On peut donc s’exercer à plutôt observer les sensations sur notre corps. On a de la prise là dessus. On peut réaliser que la colère nous fait ressentir des sensations désagréables. Et réaliser qu’on est en colère. Et que c’est impermanent. Anitsha. Cela veut dire impermanent. Donc pourquoi se mettre en colère après quelque chose qui de toute façon changera? Voyons comment régler la situation, tout simplement, sans perdre la tête. Et si ça ne se règle pas, que nous avons tout essayé, bien rien ne sert de se mettre en colère, il n’y a plus rien à faire, nous avons tout essayé. Ça passera, tout simplement.

 

Ça peut paraître plate comme type de méditation. Mais le but est de nous faire comprendre la réalité, sans illusions ni artifices, dans les limites de notre propre corps. Nous faire découvrir notre propre sagesse, nos propres vérités, sans aucun snobisme ou intellectualisation. On accepte les choses seulement lorsqu’on en fait l’expérience, seulement à ce moment ça peut devenir une vérité pour nous. Les sensations sont impermanentes, cela est une vérité, mais il ne faut pas l’accepter si on ne la vit pas. Ce n’est pas notre vérité.

 

Beaucoup d’autres notions étaient incluses dans ce 10 jours. Chaque soir, un discours était donné, par vidéo, par l’enseignant contemporain de cette technique, qui est en Inde (ce serait Bouddha qui l’aurait enseignée, au départ, il y a 2500 ans). Pour comprendre des aspects techniques et aussi des concepts, si je peux appeler ça comme ça, pour nous aider à progresser. Le but de cette technique est de nous libérer de toutes les souffrances (dues à nos réactions d’avidité et d’aversion, on n’accepte pas la réalité telle qu’elle est). Mais pour cela il faut travailler. Ce 10 jours n’est rien si par la suite on ne continue pas à méditer au moins 2 h par jour et si on continue à réagir dans notre vie quotidienne avec avidité et aversion. Personne ne peut faire le chemin à notre place.

 

Cette technique n’était donc pas sectaire, et est ouverte à tous. Chacun peut garder ses croyances et convictions, on travaille avec la réalité physique, et on ne s’arrête pas au reste. C’est dans la branche bouddhiste, mais ce n’est pas vraiment intégré dans une religion, c’est plus pratique qu’autre chose, il n’y a ni rite, ni rituel, c’est pratiquement une démarche scientifique. Observer les sensation. Comme un scientifique qui fait des mélanges et regarde ce que ça donnera, en écrivant ses observations.

 

On récolte ce que l’on sème. C’est aussi simple que ça. Il n’y a ni magie, ni miracles. Nous sommes les maîtres de notre destinée. Si l’on plante des graines de chardons, pourquoi pousserait-il des mûres? Ce n’est pas logique…

 

Bref, c’est en gros ce que j’ai appris et fait. Je ne le regrette pas et je vois déjà des changements dans ma vie, même si je ne pratique pas les 2 h de méditation recommandées par jour. Je m’observe déjà plus et j’accepte la réalité telle qu’elle est, le plus possible. Autrement, je me couche aussi plus tôt, me lève plus tôt (depuis que je suis revenue, pas plus tard que 9h30) et n’ai aucune envie de manger du sucre. Et je vais beaucoup moins sur l’ordi, l’écran me donne la nausée et je me trouve étrange de taper sur ce clavier, dans ma bulle. J’ai l’air d’avoir beaucoup changée mais n’ayez crainte, en personne, apparemment rien n’a changé,  selon les amis que j’ai vus à date. Ils avaient peur que je sois trop zen… :oP Je crois que je parle un petit peu moins vite, aussi.

 

Pour le reste, je vais bien, et j’espère qu’il en est de même pour vous tous. Je cavale toujours, et ce n’est pas toujours facile, de ne pas avoir d’espace à moi, mais en général je m’en accommode bien. Après tout, j’ai fait ce choix :)

 

Pour finir, j’ai un ami qui ne va présentement pas bien du tout, et si vous pouviez avoir une petite pensée positive ou une prière pour lui, peut-être que ça pourra l’aider…

 

Bonne journée à tous!

 

Myriam  

 p.s. Si cette méditation vous intéresse, c’est totalement gratuit (vous pouvez donnez un don à la fin des 10 jours si vous le voulez), vous pouvez voir le calendrier et vous inscrire sur le site Internet : http://www.suttama.dhamma.org/gen/fr/gen_home.fr.htm

6月12日

Free as a vagabond

Vous me pardonnerez d’avoir modifié la chanson…

 

J’aime ce mot… Vagabond… ça rebondit bien dans la bouche. Tout comme gypsie, hippie, rom, tsigane, gitane, chamane, et autres errants de tous genre. Ce sont des mots qui voyagent et qui nous font marcher. Dans tous les sens du terme, parfois.

 

Ma sorcière verte s’en est allée. Pas qu’elle m’appartienne, mais « La » aurait été trop impersonnel et « Sorcière verte » aurait eu l’air d’un nom de Loonytoon. Bien que je doute parfois qu’elle soit réelle, elle est. Tout comme l’amour est. C’est ce que j’ai appris, dans le dernier de Coelho : « La sorcière de Portobello ». Ça fait beaucoup de sorcières dans les parages, il faudra rallumer les bûchers. Car la sorcière, lorsqu’elle n’est pas consumée, consomme. Nourriture, livres, amants, idées, projets, amis, logis, rien n’y échappe. Tout est consommé avec passion et frénésie. Coelho utilise l’image du serpent qui se mord la queue, cherchant à se sauver et à se prendre du même élan. Je n’aime pas cette image, mais ça a un peu de vrai. Après quoi court0-on, si ce n’est qu’après soi-même?

 

J’ai passé un test de grossesse ce soir. Négatif. Je m’en doutais bien, mais le doute m’emportait. Je devais savoir. Mes activités érotiques se limitent à des câlins nus (pas avec des inconnus, rassurez-vous), mais j’aurais pu être malchanceuse. Très très malchanceuse. Que ça m’arrive de façon aussi étrange. J’aurais cru à une bonne blague du St-Esprit :) Mais je ne me serais pas fait avortée : cet enfant aurait eu le mérite d’avoir beaucoup d’audace, se manifester dans des conditions aussi inattendues! Et puis, nous sommes toujours responsables de ce que nous faisons, même si nous n’en mesurons pas toujours les conséquences. J’aurais assumé…

 

La frayeur d’être enceinte est passée… Mais la frayeur de ne plus pouvoir être enceinte naît lentement dans mon esprit… je n’y accorde pas encore beaucoup d’importance, mais je devrai aller vérifier. Ça fait tout de même 50 jours que je ne suis pas menstruée (bon, ce mot n’existe pas sur Word, gang de sexistes :oP), bien que je sois potentiellement une vieille âme (selon ce que m’ont dit 3 personnes sans lien entre elles), je ne crois pas être déjà à ma ménopause dans cette vie-ci… Enfin, j’espère que ce n’est qu’un déséquilibre momentané, du genre sauter une ovulation, ou de quoi de même. La madame à info-santé m’a conseillé de consulter, mais rien d’alarment, pas besoin d’aller à l’urgence au plus vite : seulement vérifier ça peut être du à quoi. Comme il n’y a pas de douleurs, je n’ai pas à m’inquiéter. Et puis, ma mère n’a pas toujours été régulière non plus.

 

Sinon, y’a le Forum Social Québécois qui s’en vient. J’ai vu la programmation préliminaire et laissez-moi vous dire que… ça va être malade! Reste la donnée des participants qui est inconnue, en terme de quantité et de qualité, mais j’ai confiance. Au sein de Montréal, il doit bien y avoir du monde trippant et cool :) Au moins autant qu’à Sherbrooke, sinon plus (en terme de nombre, pas de qualité là :oP). Je vous invite à rejoindre les rangs, seulement 20$ pour 3 jours d’orgasmes intellectuels et culturels. Et puis, je distribuerai des câlins, avec l’Équipe de Rêves, alors si ça peut en motiver certains (actuaires ou non), c’est déjà une bonne raison d’assister à l’événement grandiose que ce sera. Pour plus d’informations, visitez le super site : www.forumsocialquebecois.org fait par Sylvain Bérubé, qui est dans mon top 1 des militants Sherbrookois (militant sonne parfois borné et arrogant, dans l’oreille de certaines personnes : ce n’est absolument pas le cas pour lui. Il a toutes les caractéristiques du cool et du prof de math, également :) ).   

 

Sur ce, je vais prendre une douche et faire dodo… avant de vous écrire toute la nuit et de me péter les yeux sur cet écran décidément trop lumineux lorsque les lumières de la maison sont fermées (allume-les, me direz-vous, et parle, parle encore, qu’on puisse ne pas aller nous coucher nous non plus, mais voilà, mes parents sont couchés, la porte ouverte, et je ne veux pas les réveiller avec ces néons intempestifs…).

 

 Je vous laisse sur les lignes d’une autre, La Belle Verte, qui a le vers fort (plus de 60%). Yeux sensibles, vous abstenir.

 

«Il y a de ces gens qui croient qu'on se branche et qu'on devient quelqu'un d'autre, vivant dans ses lubies. Pardon ! Mes lubies son mon apanage quotidien.  J'aime être mon actrice et ma cascadeuse, et il y a bien une raison pour laquelle je suis pourrie en théâtre, pourquoi je suis médiocre en jeux de rôles.  Vie vie VIE vie ViE vIe.

 

La sorcière verte est partie... et j'ai comme l'impression que c'est le début sans fin... Puisque je suis ouverte à tout ce que la vie peut m'apporter. J'ai eu aujourd'hui l'intuition d'un tour du monde.  Cette vie, salope, elle ne m'a donné ni l'amour tant espéré depuis ma jeunesse, ni la stabilité que je tente d'acquérir depuis si longtemps, pour être assez respectable pour devenir mère (je ne suis ni mère ni respectable).  J'aurai tenté de devenir patiente, peut-être ai-je même appris à me taire parfois... Mais accepter silencieusement la médiocrité, oh non jamais.  Pas même la mienne. »

 

http://perilisk.canalblog.com/

 

 

Je vous aime tous et toute!

 

Et je me cite pour une fois : « Nulle part le malheur des uns fait réellement le bonheur des autres ».

6月6日

État civil : marié

Ça fait drôle, des fois, de tomber sur le profil public d'anciennes connaissances. D'anciens camarades. Souvent déprimés, étiquettés paumés, et qui maintenant ont femme, emploi et enfant sur les bras, par choix, pour leur plus grand bonheur. Je ne sais pas trop ce que ça me fait ressentir. De la mélancolie? De l'envie? Je ne sais pas trop. J'aspire à un bonheur tranquille, mais j'ai tellement besoin de bouger. De sentir, surtout. Pas dans le sens ressenti mais dans le sens senteuse, se mettre le nez dans les affaires en branle. Une expression que ma grand-mère utilisais. J'étais une senteuse et j'avais le nez retroussé. Puis, je ne me mêlais pas de mes oignons. Peu de choses ont changé, si ce n'est que j'ai à présent beaucoup plus de tact :oP
 
 
J'aime être dans le courant. Sur la vague. On the flow. Être à l'affut de ce qui se passe. Bon, j'en manque de grands bouts, mais disons à l'affut de ce que je peux capter. Vague à l'âme post-modernisme. Désillusions mondialisme. Perte de sens, montée de spiritualité asiatique. Rumeurs de révolutions...
 
 
J'écoute beaucoup et je parle peu. Même si ça peut paraître inusité de ma part. J'écoute ce qui se passe. Je passe le mot. Je ne sais pas encore vers où l'on se dirige. Je donne un petit coup par ci, un petit coup par là, j'attends de voir ce que "le monde" veut vraiment. Je n'ai pas envie d'aller contre "le monde". Et comme "le monde" prend rarement position, de façon définitive, alors ça stagne. Peut être est-ce que "le monde" a peur. De quoi? De l'incertitude, l'insécurité, l'instabilité? Famine par-ci, guerillas par là, menace atomique qui plane, je peux comprendre. Je fais partie du "monde", moi aussi. Mais je crois en la force du nombre. Les 80% plus démunis, s'ils marchent dans la même direction, pourraient venir à bout des 20% qui se la pètent. Pas pour les écraser. Pas pour les mener au bûcher. Simplement pour les guérir. De leur virus de l'avidité. Voilà. Mais comme c'est contagieux, les 80% veulent souvent ce que les 20% ont. Voiture, maison, apparats. Ça peut être pratique et joli, en effet. Mais si on est les seuls à les posséder, ça crée l'envie. Les vols. Les médisances. Ce n'est pas mieux! Je préfère poucer avec le sourire que conduire ma voiture blindée avec la certitude que la planète entière m'en veut. Bon, j'exagère, mais c'est pour la métaphore. L'harmonie, c'est tellement apaisant. Je ne dis pas une harmonie rose où rien ne bouge, mais une harmonie ayant acquis une certaine maturité, qui, même lors de conflit, arrive à ne pas s'entre-tuer. Une harmonie qui comprend qu'on trouve beaucoup plus facilement une solution dans la joie et la patience que dans l'agressivité et l'arrogance.
 
 
Où est-ce que je m'en allais avec tout ça... ah oui, follow the flow, suivre le cours des choses. C'est ça. Je suis comme une métérologue passionnée des tornades, je dois les suivre. Sinon, ça me tracasse trop. "Quelle forme prend-t-elle", "Fera-t-elle beaucoup de ravages?", "Passera-t-elle dans le village de mon enfance?". Il faut que j'y vois de mes propres yeux. C'est un peu ça qui m'amène à Montréal, présentement. Étrangement, j'ai l'impression que je serai plus solitaire là-bas que je ne l'ai été à Sherbrooke. Il y a trop de groupes : aurai-je le temps de m'impliquer sincèrement dans un de ceux-là, risquant de perdre le cours des autres? Je vais devoir apprendre à jongler avec beaucoup d'assiettes... Je sais maman, je ne "dois" rien, je ne dois pas me mettre de pression, et me tourner à l'essentiel, mes études... mes tâches à la Coop... mais reste que c'est de ça que j'ai le plus hâte, voir de mes propres yeux... Contemplation urbaine. Un exil loin des miens (j'ai adopté Sherbrooke). Une expédition en territoire inconnu, infesté de nids de poule et de trou-d'-cul (selon Maxim Martin). Au moins les membres de mon équipage seront sympas à souhait. Qui sait, j'aurai peut-être le temps et le coeur de les adopter, eux aussi :)
 
 
Sinon, le reste se passe bien. Je me réveille tout les matins en me pensant dans mon appartement, et ça me fait un petit choc, mais je survis. Je me trouve des plages de temps de solitude, où je peux me comporter comme en un chez-moi. C'est à dire, grignoter, lire, écrire et ne pas m'occuper de ceux qui sont autour (parfois il n'y a personne, ça aide :) ). Mes réflexions par rapport à l'amour fleurissent, je grandis, je mature (enfin!) et j'ai confiance au moment présent. Le reste viendra naturellement, ou ne viendra pas. Tant pis. Moi je profite de ce que j'ai maintenant. De toute façon, le couple m'effraie encore : ça me gêne dans ma course aux tempêtes... Bref, imaginez ce que vous voulez, mais ayez la certitude que je suis heureuse, épanouie et sereine :)

 
Y'a que Vipassana qui me stresse un peu... l'échéance approche... ça va être un autre électro-choc vers la maturité... j'espère être assez forte pour faire le saut... J'ai confiance mais... je vais m'ennuyer de mon cahier et de mon clavier... 10 jours, sans parler, sans lire, sans écrire, sans communication verbale ou non-verbale, sans musique, sans courir... Avec ça comme horaire du temps

 
4 h -------------------------Réveil
4 h 30 à 6 h 30 --------------Méditation dans la salle ou dans votre chambre
6 h 30 à 8 h -----------------Petit déjeuner et repos
8 h à 9 h -------------------Méditation de groupe dans la salle
9 h à 11 h ------------------Méditation dans la salle ou dans votre chambre,
selon les instructions de l’enseignant
11 h à 12 h -----------------Repas
12 h à 13 h -----------------Repos — Entrevues avec l’enseignant (au besoin)
13 h à 14 h 30 --------------Méditation dans la salle ou dans votre chambre
14 h 30 à 15 h 30 -----------Méditation de groupe dans la salle
15 h 30 à 17 h --------------Méditation dans la salle ou dans votre chambre,
selon les instructions de l’enseignant
17 h à 18 h -----------------Thé et repos
18 h à 19 h -----------------Méditation de groupe dans la salle
19 h à 20 h -----------------Discours du professeur
20 h 15 à 21 h --------------Méditation de groupe dans la salle
21 h à 21 h 30 --------------Période de questions dans la salle
21 h 30 ---------------------Repos - lumières éteintes.

 
Du 13 au 24 juin...
 
 
Bref...ça promet...à prendre dans le bon sens du terme : ça promet que je vais ressortir de là relaxe à souhait :) Avec la voix enrouée et le regard neuf... Je n'y vais pas à la recherche d'une extase ou de repos (ce qui serait plutôt contradictoire, on se lèvera à l'heure où je me couche habituellement :oP). J'y vais pour apaiser mon esprit, et me défaire de l'ignorance qui me fait voir les phénomènes (émotions, pensées) autrement de ce qu'ils sont vraiment (des nuages dans le ciel vaste de mon esprit). J'y vais pour atteindre la clarté de l'esprit (qu'elle soit au programme ou non, je crois que je la verrai au moins poindre à l'horizon).
 
 
Lorsqu'on veut se discipliner, il faut bien commencer à quelque part : la discipline mentale me semble un bon point de départ. Pour moi, du moins.
 
 
Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit, journée, soirée, matinée.
 
 
Et que le soleil soit avec vous!
 
 
(Coup de coeur lecture (Merci Anick :) ), un livre-choc qui a atteint mon top 5 en moins de 20 pages : "Manuel de l'animateur social : Une action directe non violente" de Saul Alinsky. Dans les faits, à date, ce n'est pas si non-violent que ça, et ce n'est pas aussi quétaine que ça en a l'air, le titre en anglais est plus révélateur : "Rules for Radicals". Pour ceux qui veulent plonger au coeur de l'action... )