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    July 12

    Quelques mini-textes écrits au mois de juin

    Je suis en liberté temporaire

    J’ai des antécédants suicidaires

    * * *

    J’ai rêvé à toi

    Tu avais mis tes pupilles de guerre

    * * *

    Funambule

    Je déambule dans ma vie les yeux fermés

    Les plaies ouvertes

    Je mangerai les chiens qui viendront les lécher

    * * *

    Tu te permets de perdre la tête et je te rends la politesse

    Deux têtes valent mieux qu’une seule, toute droite

    Dans son infinie solitude

    * * *

    Je ne te jure rien même si je jure tout le temps

    Je consacre ce que je dis

    * * *

    Tu as mangé dans ma main et j’ai mangé la tienne

    Je ne supporte pas d’avoir faim

    * * *

    Je vais te sauter

    Vas-y ma salope

    C’est l’heure du grand saut

    * * *

    Tu t’es réveillé du mauvais pied

    Tu avais trouvé chaussure à ton pied

    La moitié lui reviendrait après le divorce

    Tu regardes les souliers solitaires qui hantent le placard

    Et tu ris un peu, les yeux pleins de drames

    La mort par asphyxie fera l’affaire

    Tu ne lui as jamais dit qu’elle puait des pieds…

    * * *

    J’ai l’air de rien avec ma grande bouche d’aération

    Je laisse mes mots prendre l’air

    Sinon, ils moisissent

    Mes mots ne m’appartiennent que lorsqu’ils sont dans ma bouche

    Une fois libres, je n’ai plus aucun contrôle sur eux

    Ni sur les ravages qu’ils font à ta mémoire

    * * *

    J’ai l’amour du prochain à bout de souffle

    J’essaie de colmater toutes les lèvres

    * * *

    Watch your watch, miss

     

    Tic tac bong

    Quelque chose qui cloche dans le clocher

    Signal d’alarme

    Tous au bucher

     

    Watch your watch, criss

    À bat tous les idéalistes

    Et tous ceux qui ne lisent pas les journaux

     

    Aux grands mots les grands maux

     

    Quelle heure est-il, monsieur le loup ?

    * * *

    Éclat de larme dans ta prunelle

    Tu poses la dernière brique

    Sur le mur de l’oubli

    * * *

    J’ai l’âme à l’œil

    En équilibre sur un cil

    * * *

    Éperdument éperdue

    Perdurer les délires

    Je glisse sur ta peau comme un manteau de songes

    Têtue

    * * *

    Croiser le fer, lèvres contre lèvres. Métal brûlant sous ma langue. Joute de mots. Je remporte la première manche…

    * * *

    Attrapez-le ! Il n’a pas eu son vaccin contre la révolte

    * * *

    Tu as fait semblant de m’aimer et j’ai fait semblant de te croire

    Tu me semblais bien

    * * *

    Je suis un soupir de fumée

    Avec mes yeux brumés

    Je ne crains pas les flammes

    * * *

    Désemparée

    Je ne retiens plus rien

    Je m’échappe

    Tout ce que je prends dégringole

    La folle

    * * *

    Je jure

    Parce que je n’ai pas su jurer comme il faut

    Les mains jointes, le cœur pur

    Je ne pensais qu’à tes lèvres

     

    C’est vrai, ce n’est pas beau, une fille qui jure

    Surtout quand elle le fait mal

    À coup de demi-promesses

     

    On ne devrait pas avoir le droit de jurer

    Comme dans les écoles

    Ça écorche les oreilles

    Comme un interminable écho

     

    Au jour du jurement dernier

    Les mots sacrés empliront toutes les têtes

    Tous défileront devant les jurés

     

    Que celui qui n’a jamais juré lui jette la première pierre

     

    On devrait faire plus attention aux mots que l’on dit

    Le jurement est acte sacré

    * * *