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    July 20

    Ils sont venus me chercher

    Je repensais à ça en prenant ma douche : je suis née par césarienne. Je n'ai donc pas fait le chemin moi-même jusqu'au col de l'utérus. Je ne suis pas née à mon propre rythme. Je "poussais" (tout comme ma mère) mais pas assez pour vraiment naître, comme si même rendu à ce moment là, je n'étais pas sûre de mon choix, de vraiment vouloir y aller, que ce soit vraiment la bonne chose. Après une vingtaine d'heures, les médecins ont décidé de faire une césarienne, car même si ma mère poussait, je ne sortais pas...
     
    Well, de là viendrait peut-être ma tendance à avoir de la difficulté à me lancer vraiment, à m'entraîner fortement au bord, à vouloir sauter, à projeter sauter, à projeter plein de choses mais à finalement ne pas tester mes ailes tout de suite. Et ça pour plein de choses. Je pense que je suis quand même née fonceuse, et avec un certain leadership (j'ai quand même organisé, à l'insu des parents, une fête d'aniversaire pour un copain de classe quand j'avais... 7 ans? Héhé). Avec les années, l'intimidation n'aidant peut-être pas, mes projets sont devenus moins grandioses. Je me suis calmée aussi, ce qui n'est pas nécessairement mauvais (l'hystérie créatrice cotoyait l'angoisse nocturne). Et puis, plus on avance dans la vie, moins les activité et les opportunités se présentent d'elle-même : ils faut aller les chercher soi-même. Facile sur les babillards des établissement scolaires de se trouver de l'implication sur plein de comités, mais un coup sur le marché du travail? Il faut se montrer sérieux, là on a choisi notre case et bien, on est à la job pour travailler (pas comme à l'école :-P). Sauf que pour une multi-tâche multi-projets comme j'ai tendance à l'être, une job c'est rarement assez pour que j'arrive à avoir un beat assez rapide pour me sentir vivante, et pas trop rushant pour ne pas avoir l'impression d'être submergée de stress. Certains boulots peuvent être éreintants et faire se sentir vivant, sans qu'on se sente utile et à notre place.. enfin. Je pensais encore à tout ça, mes potentiels. À ma formation diabète que je devais suivre en un jour ou deux, mais que j'ai finalement tout assimilé en 2h! Au cadre que je n'ai pas, dans le sens où c'est moi maintenant qui choisit ma vie, qui construit mon horaire (je suis majeure et autonome) et que oui mon emploi est cadrant, mais le reste de ma vie m'appartient...
     
    Alors, quels sont mes gros cailloux à moi?
     
    ( en disant ça je pense à cette histoire-ci : http://franck.paul.free.fr/dotclear/?2004/12/11/23-reflexion-a-propos-de-cailloux )   
     
    Ah et pour ceux que ça questionnait, mon potentiel culinaire est bon.. euh disons que je me fie à la recette et que la recette des fois est pas nécessairement juste (ils ont dit 5 pommes, j'en ai mis 6 car 2 étaient petites, well..), bref, ça a donné un : pas assez de pommes à mon goût. Pas grave. Je recommencerai, en mieux :)

    Pendant que cuit ma croute (et avant que je la casse...)

    Quelques mots...
     
    Je ne sais pas exactement quand ça a commencé. Peut-être lors du premier visionnement du nouveau vidéo de Where The Hell is Matt, dans lequel j'apparaîs, le 21 juin dernier. ( http://www.wherethehellismatt.com/?fbid=BZHI82 )
     
    Peut-être depuis que j'ai commencé mon remplacement de jour, à mon travail, et que ma tâche est plus ardue, plus administrative, mais également plus stimulante (il n'y a pas de temps mort sur ce quart).
     
    Peut-être aussi que ça a commencé avec ce livre. C'est du moins spontanément ce que je dirais, même si tout le reste a su préparer le terrain pour cette éclosion.
     
    "Que faire de ma vie" de Po Bronson. La couverture était moche, le titre aussi, si ce n'eut été qu'il se trouvait dans une free pile de livres, probablement que je ne l'aurais jamais ouvert... et pourtant. Probablement que c'était déjà là en moi, enfin, évidemment que c'était déjà en moi, mais ce livre a provoqué la mutation de mon questionnement, tiens.
     
    Que faire de ma vie.
     
    En fait en anglais, la formule est plus intéressante, je trouve : What should I do with my life : Que devrais-je faire avec ma vie? Avec le potentiel qui est déjà là. La question est moins passive. Plus terre à terre. Dans ce livre, on retrouve plusieurs récits de gens qui ont changé leur vie (dans le sens de pris une autre direction que celle choisie au départ) côté emploi. Surtout, on retrouve des gens en questionnement, ou dans le processus de se lancer vers autre chose, ou encore qui ne se sont pas lancés et auraient voulu le faire, bref, ce n'est pas la formule "Bouillon de poulet pour l'âme" mais plutôt une fenêtre sur la vie réelle des gens et leurs quêtes.
     
    Ça m'a fait réfléchir. Sur l'utilisation du potentiel. Sur qu'est-ce que je veux faire avec ce qui est en moi, avec ce que je suis allée chercher comme expérience de travail à date, et avec mes valeurs. J'ai toujours eu envie de partir mes propres trucs (organismes ou autres), ou de faire de quoi qui sort un peu de l'ordinaire. Mais jusqu'à maintenant, j'ai toujours suivi les emplois qui se présentaient, contrats après contrats, sans vraiment prendre position sur ce que je veux vraiment. Maintenant, me voilà dans un emploi qui n'est pas un contrat. Je ne dois donc pas m'attendre à ce que je me fasse remercier prochainement pour mes services, sauf si je fais vraiment de la mauvaise job (mais je pense que on me l'aurait dit avant si ça avait été le cas). Je peux suivre cette stabilité d'emploi un bon bout de temps si je veux, et même plus de dix ans.
     
    Mais est-ce ce que je veux vraiment? Je sais que non. Alors je dois mieux définir ce que je veux. Oui éplucher les offres d'emploi à l'occasion, voir ce qui se présente, mais ne pas m'attendre à ce que l'emploi de mes rêves s'y retrouve. Oui, plein d'emplois ont le potentiel de m'intéresser et de me faire avancer, mais j'aurais comme envie de me lancer dans d'autre chose. Démarrage d'entreprise, d'organisme, de conférence, grands voyages humanitaires par moi-même, et qui sait encore. Écrire plus aussi. Ne pas attendre les occasions : les créer. Ça fait depuis mon retour du Pérou que je me sens accumuler des expériences sans savoir trop quoi en faire. Je sens maintenant que c'est sur le bord de ce préciser. Sans être foudroyée par une certitude, je sens que je m'affirme, et que bientôt peut-être je tenterai de me lancer un peu plus de mes propres ailes, quitte à faire ça jet par jet...
     
    Pour l'instant, l'essentiel est d'arriver à avoir prise sur mon quotidien. Je me dis que si je veux un jour être une travailleuse autonome, je dois être capable de bien gérer mon temps, ce que j'ai rarement fait. De bien prendre soin de moi aussi, manger, dormir et tout le reste. Car un coup que c'est moi qui fait mon horaire, comme c'est déjà arrivé pour un de mes emploi, j'ai tendance à me désorganiser et à ne pas arriver à bien coordonner le tout. L'emploi, je le fais comme il faut, bien que par à-coup, mais c'est mon sommeil qui souvent vient à être irrégulier. Enfin. Mon objectif pour l'été c'est ça, prendre plus prise sur mon quotidien. Verrai bien ce que ça donnera. À date, j'ai réussi à faire pas mal de ménage (classage plutôt) et... je fais un peu de cuisine :)
     
    Bon, ma croustarde est prête. Je vais aller vérifier mon potentiel culinaire. À la revoyure!   
     
    (Je tiens à dire tout de même que j'adore mon emploi et que je ne pense pas à le quitter pour le moment : seulement je sais que j'ai plus de potentiel que de tâches à accomplir. Je sens que ma job me forme beaucoup côté humain, et ça c'est inestimable, mais je suis quelqu'un qui aime bien prendre les rennes aussi, et pouvoir m'exprimer plus encore sur l'organisation, coordonner aussi, aller à mon propre rythme et selon mes propres valeurs. Je suis comme ça.. mais j'adore mon emploi : la preuve : j'ai hâte à demain matin pour continuer ma paperasse et voir les jeunes!
     
    En fait je dirais (pendant que ma croustarde refroidit) que je sais que je peux être géniale avec des jeunes, mais on dirait qu'à la longue, avec les mêmes jeunes, dans un contexte où je n'ai pas à les animer et où ils font leurs choix, je sens que je fais un peu partie des meubles, parfois. J'ai besoin d'être un peu plus dans l'action (comme dans l'enseignement) et de me sentir utile. Et je crois que je peux avoir plus d'impact sur un jeune lors d'une ou deux rencontres (ex: quand je faisais des conférences pour le Rallye) que sur une longue période. Je suis plus stimulée et plus stimulante quand il y a un aspect éphémère. Idem pour l'enseignement, où je ne fus là que 7 semaines. Mais j'étais pris avec un programme... et je leur imposais... mmm... je finirai bien par trouver le fil conducteur de tout cela, quitte à faire plusieurs emplois de ma vie (ce qui me semble évident à date) et que le fil conducteur soit des livres, ou encore des essais sur l'aspect humain, ou bien finir psychothérapeute avec tout ça.. qui sait..)
    July 06

    Bon bon bon... mon blogue n'est PAS mort :)

    J'avoue, fait un bout que j'ai pas écrit.. alors à la demande générale (et particulière), je vous donne quelques nouvelles.
     
    Côté divers, ou bric à brac, je suis allée la semaine passée à Woodstock en Beauce, très très nice moment, même si ça s'est transformé le samedi en Woodstock en bouette! Je mettrai des photos bientôt (quand j'aurai Internet chez moi, en fait).
     
    Ce qui m'amène au point déménagement, en fait mes 3 colocs sont déménagés dans les 2 dernières semaines, ce qui fait que je n'ai plus Internet depuis deux semaines, ni de téléphone non plus! Ma première coloc étant partie avec la petite boîte électronique permettant ça.. je vais me faire replugger cette semaine, donc réavoir un appart fonctionnel, et ou addictive... verrai bien :) Dans la liste des choses weird côté appart aussi, bien on a plus d'eau chaude depuis vendredi soir!! Ce qui fait que je me suis tapée un ménage de 12h avec mon copain, où on faisait bouillir l'eau avant de laver plancher, toilettes, etc. 12h bordel. Et on a pas tout fait encore, c'était du crotté rare, datant peut-être même de la première guerre mondiale, qui sait?
     
    Hier ma coloc est déménagée avec moi, Stéphanie, on se connaît depuis 10 ans, avons déjà habité ensemble en résidences à St-Jérôme, mais cette fois-ci c'est que nous 2, bientôt trois quand on aura trouvé quelqu'un pour la 3ième chambre (ok soyons honnête : quand on se mettra activement à chercher quelqu'un... :o) ). Mon chez moi est enfin devenu chez moi, je me sens à l'aise dans toutes les pièces, j'aime ma coloc et son chat, je respire.. plus de bruit de TV... plus d'oiseau tapageur... et si des choses nous énervent entre nous, moi et Steph, je suis pas mal sûre qu'on arrivera à les nommer et à passer au travers..yéé... ça fait bientôt un an que je suis à Montréal, mais je ne m'étais pas encore sentie chez nous ;) Manque plus que 2 divans Internet et le téléphone ! :) (ah et une laveuse aussi, tiens, si jamais vous avez des plugs...).
     
    Côté amour... ça va bien!! Après un deux semaines plus houleux au début du mois passé (coincidant avec l'arrivée de mon copain à Montréal, donc grosse adaptation de part et d'autre (on habite pas ensemble en passant)), bien nous vla avec un deux semaines quasi impect, avec quelques chicanes, comme dans toute relation, mais beaucoup de bons moments aussi, incluant Woodstock où nous avons passé un bon test de proximité et d'épreuves d'intempéries... et on ne s'est pas tapé dessus, au contraire :):) Vraiment je sais pas trop comment expliquer ça, mais on s'accomode bien.. pas dans le sens plate du terme, mais plus comme si nos deux personnalités permettaient qu'on soit souvent ensemble sans se taper sur les nerfs, et que quand c'est le cas, on est capable de se le dire et/ou de prendre du temps our soi.. on a pas tant d'efforts que ça à faire pour s'ajuster à l'autre, déjà au départ on fonctionne plutôt pareil pour certains trucs, ou bien tellement différemment que ça vient même pas nous chercher.. ouais ça me plaît cette relation-là :) Bientôt 2 mois et... chu pas tannée, écoeurée, hâte de passer à autre chose.. on a pas tout brûlé tout de suite, on se respecte et on accepte aussi que l'autre soit comme il soit (avec quelques ajustements encore là aussi, quelques accommodements raisonnables :) (ex: pour ma part, être moins en retard... )
     
    Sion côté emploi-orientation professionnelle je commencerai pas dire que j'ai revu mes anciens élèves à la mi-juin, le prof m'avait invité et j'avais aussi moi-même témoigné un intérêt de les revoir avant la fin de l'année scolaire... Ce fut bien plaisant.. Ça me stressait un peu de me retrouver dans la même classe que le prof, et de pas savoir trop quel rôle-place prendre, mais finalement ça s'est passé à merveille, sauf que 2 des groupes étaient plutôt turbulents et irrespectueux, à la limite.. mais on a vécu ça ensemble, moi et le prof, et on a un peu jasé de tout ça après.. ça a fait du bien. J'ai vu que les élèves étaient pas si différents avec lui qu'avec moi, même s'ils l'écoutaient plus, et j'ai pu voir sa façon d'enseigner, qui est pas si différente de la mienne non plus.. il va plus lentement, ses indications sont plus claires, mais sinon je pense avoir fait de la bonne job aussi, même sans formation-expérience-coaching. Wow. J'en reviens toujours pas, des fois, d'avoir fait ça pendant 2 mois + mon autre emploi + mon cours universitaire.. J'ai encore rêvé aux élèves cette nuit.. chose certaine, ça m'a marqué!!
     
    Pour ce qui est de ma job permanente (à l'Odyssée, foyer de groupe) bien ça se passe bien aussi, je fais plus d'heures cet été car je suis sur les shifts de remplacements, donc je prends aussi plus de place, j'ai plus de responsabilités et je me sens plus impliquée. Ça me fait un peu drôle de travailler l'été, si je compare à l'été passé, mais en même temps je pense souvent à mes jeunes, même en congé, et ça me fait grandir de travailler avec eux. On a un nouveau jeune qui vient d'arriver qui vient particulièrement me chercher, et on dirait que ça me fait mesurer tout ce que les gens m'ont toujours dit quand ils font waaah éducatrice c'est une job rufff. J'avais jamais trouvé jusqu'à présent, sauf quand j'avais atteint mon quota avec les personnes handicapées, mais là c'est différent. Ce qui est difficile, c'est l regard constant de ce jeune sur moi, sur nous, c'est cette pression constante d'être intègre, juste, d'être présente totalement tout le temps.. ça me force à trouver un point d'ancrage solide en moi, de trouver des ressources pour rebondir facilement et éviter les pièges dans lesquels il essaie de nous faire tomber, consciemment et inconsciemment.. c'est naviguer sur cette ligne entre l'intervention et la familiarité, être sympathique et spontané tout en gardant de la distance, wow, tout ce lot de subtilités que je rencontre ces temps-ci dans mon boulot d'éducatrice.. C'est assumer une fonction où le savoir-être est tellement important, où la job n'est pas une tâche à accomplir mais un lien à entretenir avec les jeunes, et des balises à mettre, et des coup de pouce et des motivations à donner, bref, c'est un travail humain sans relâche avec toujours son lot de zones grises où on doit reprendre position en équipe (les jeunes peuvent-ils faire des activités ensemble en dehors du foyer, comment gérer les doutes de consommation, comment intervenir avec tel problématique, comment, comment, comment....). À 9, l'avantage, c'est qu'on est des dizaines et qu'on peut rapidement trouvé des points d'entente et se dire ok on applique ça cette semaine...
     
    Par rapport à cet emploi je me demande aussi souvent qui on est, et au nom de quoi nous on sait comment ça devrait fonctionner. Je suis contente d'être dans ce milieu communautaire, car on travaille beaucoup plus le projet du jeune que dans d'autres foyers, et que si on a un cadre clair, il est simple à comprendre et à appliquer, donc pas un milion de petits règlements cons qui font qu'on a l'impression d'être des chiens de garde. À ce niveau, je suis contente. Mais c'est plus quand je regarde le travail qui est fait avec les familles, travail fait plus par les T.S., que je me dis merde, on est qui nous, pour décider qu'un jeune va être retiré... qu'il aura plus de mal dans sa famille qu'ailleurs? C'est comme si on regardait la famille selon un baromêtre de famille standard et qu'on se dit, ah non le développement de l'enfant est compromis, il faut le sortir.. et ailleurs, dans un foyer de groupe où ailleurs, on lui recrée une sorte de famille, où il a tout ce qu'il a besoin pour son développement.. ah parce que nous on sait ce qu'il a besoin? Ça me fait l'effet d'un milieu artificiel, ce qu'on crée, toutes les conditions évidentes de bien-être sont là (limites claires mais liberté de sortir, lien vrai avec les intervenants, besoins primaires répondus, etc.) mais pas les intempéries qu'il peut y avoir dans les familles. Il manque de quoi d'essentiel selon moi au niveau du lien. Quelque chose comme il se vit dans toutes les familles : un pétage de coche injuste de la part d'un parent, un épuisement, quelques incohérences, un réel stress quand un enfant ne rentre pas à l'heure et qu'on ne sait pas où il est, bref, nous comme intervenants oui on leur parle avec notre coeur, oui on est vrai et oui on s'inquiète quand ils disparaissent, mais c'est pas comme si c'était les nôtres, nos enfants. On leur parle pas avec cette énergie parfois malsaine que les parents peuvent avoir avec leurs enfants, on les engueule pas comme un parent peut le faire parfois, on ne les brasse pas quand ils ne foutent rien de leur vie, ou plutôt si on les brasse, mais avec un certain détachement émotionnel : c'est ta vie de toute façon, mon grand. En ne vivant pas au fond toutes ces péripéties familiales, selon moi ça ne les aide pas à s'ancrer eux-mêmes. En grandissant, ils n'ont pas à se postionner, à s'associer ou à se dissocier de comment leurs parents les ont élevé et de les valeurs dans lesquelles ils ont baigné... C'est comme le meilleur des mondes, sans le sceau du réel... enfin, je ne sais plus trop, je ne sais pas si c'est clair non plus, c'est un sentiment difficile à exprimer, et je ne dis pas que les jeunes ne devraient pas être retirés de leur milieu familial, je me dis juste que ce qu'on leur offre, est-il juste? Oui c'est éthique, sain, équilibré, mais est-ce le mieux? Leurs parents seront leurs parents toute leur vie, après tout, à 18 ans, comment ils réparent ce lien? Comment entreront-ils en relation avec les autres, dans le monde réel, dans la vraie vie?
     
    Une chose qui me bug aussi c'est que personne dans l'équipe, à part le patron qui est plus dans l'administratif (qui n'intervient pas avec les jeunes) n'a d'enfants. Bon on est quelques unes dans la vingtaine, alors c'est normal, mais J'ai au moins 3 collègues (et une quatrième qui est partie dernièrement) qui ont la trentaine ou plus. Je ne dis pas que ces personnes devraient avoir des enfants, mais je trouve ça questionnant que 8 personnes travaillant avec des ados et parfois un peu avec la famille n'aient pas le point de vue intérieur et personnel sur c'est quoi être parent. On attend beaucoup des jeunes (qu'ils s'ouvrent sur leurs émotions, qu'ils s'ouvrent à nous, etc.), pour travailler avec eux comme intervenants, pour leur apporter toute l'aide qu'on peut avant leurs 18 ans, mais on est pas parent nous même. On regarde les pétage de coche de certains parents, ou les parents-poule, d'un point de vue extérieur, ne faisant pas partie nous-même du groupe social "parents". Ça me fait un peu drôle, comme parler au travers de notre chapeau... m'enfin.. j'aime quand même beaucoup ce qu'on fait, je pense que les jeunes se sentent dans le vrai avec nous, et ne nous en veulent pas de ne pas avoir d'enfants, mais tout cela me titille parfois. Comme une sensatioin de "En attendant Godot". Il y a nous, les jeunes, bon et maintenant on fait quoi? Pousser le jeune, oui, mais vers où, et le pousser assez aussi, assez loin pour que ses ailes entrent en fonction, pourquoi s'attendre à ce qu'il soit déjà autonome? Bon pas les materner non plus car le 18 ans arrive vite... ouais.. enfin tout un apprentissage de vie cet emploi là?
     
    Vous êtes tannés? Ahahahaha vous vouliez des nouvelles, ben en v'la :)
     
    Je vais terminer en disant que je me prépare des petites vacances (2 semaines) en août au Rainbow dans la région du Lac-Mégantic (et si le Rainbow me tente plus, peut-êtr un tour en Gaspésie-Nouveau-Brunswick ou encore îles de la Madeleine), probablement qu'en septembre je vais poursuivre une mineure en animation à la vie spirituellet à l'engagement communautaire (j'aime les écoles, les ados et les enfants, l'enseignement c'est bien mais c'est l'évaluation et le cadre qui m'énerve, qui m'énerve assez pour ne pas faire de 4 ans là-dedans, alors comme animatrice, bien j'arriverai peut-être à de quoi que j'aime, et j'aurai un bacc, si je veux faire une maîtrise, ce sera pratique.. enfin.. j'avancerai là-dedans, et on verra bien où ça me mènera...). Je travaillerai en même temps au foyer, très probablement (j'ai pas envie de quitter). Alors ma vie sera bien remplie, comme souvent, et j'essaierai de vous donner des nouvelles de temps en temps :)
     
    Vous parlerai aussi de Writing Nomads en temps et lieu, un projet d'écriture avec une amie et d'autres gens... on en est à l'étape gestation.. je vous reviens là-dessus un de ses 4 :)
     
    À plus tous et dès lundi j'ai un nouveau numéro de téléphone (demain quoi) alors si vous le voulez, envoyez-moi un courriel. Sinon je le ferai transmettrre à tous ceux qui sont déjà dans ma liste dès demain!
     
    "L'avenir n'est jamais que du présent à mettre en ordre. Tu n'as pas à le prévoir, mais à le permettre (Antoine de Saint-Exupéry)