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日志


8月31日

Là où les convictions s'effritent...

Un de mes jeunes s'est fait tabasser ce soir.. pour rien, comme ça, sauvagement. Il s'est fait aborder dans un parc, alors qu'il était avec au moins 3 amis-ies. Le gars lui a demandé : donne-moi ton cell. Mon jeune a dit : j'en ai pas. Le gars a répété, mon jeune s'est réaffirmé. Une 3ième fois encore, identique. Puis à la quatrième, il a dit j'en ai pas, puis il est parti... il s'est fait ramasser par le capuchon, tout à coup ils étaient 3 gars, un l'a frappé au visage, il a reçu plusieurs coups au visage, puis pour se protéger, il s'est jeté par terre et les gars lui ont donné des coups de pieds aux côtes... Et ils sont partis (après s'être retrouvés 10 autour de lui, avant de repartir). Mon jeune et ses amis ont appelé la police, de retour chez une des amies... Il a fait sa déposition, a identifié le suspect sur photo (ce dernier a été arrêté) et il est rentré à la maison, tout contusionné... étrangement serein, malgré le stress...
 
C'est n'importe quoi tout ça... pour rien comme ça... comme s'il avait pas eu assez de se faire battre par sa famille... comme si ça devait toujours arriver aux mêmes...
 
Il n'y a aucun sens à tout ça... pourquoi? Je veux dire, qu'est-ce qui justifie ça? À la limite, une famille, c'est lourd à porter parfois, ça arrive de péter des choches. Mais comme ça, pour rien? En plus, c'est vrai qu'il n'a pas de cellulaire le jeune, bordel... peut-être un des rares jeunes à pas en avoir de nos jours, mais lui n'en a pas...
 
Il aura un bel oeil au beurre noir pour sa rentrée scolaire...
 
 
Dans l'univers des possibles improbables, comme si ce n'était pas assez d'un événement inattendu du genre, il m'est arrivé un truc plutôt choquant pour le système (de pensée et de corps) aussi cette semaine. Jeudi soir, je me suis piquée accidentellement (on s'en doutera) sur la seringue d'un de mes jeunes qui est diabétique... j'ai donc commencé par interroger le jeune à savoir s'il avait à sa connaissance des infections, puis j'ai appelé Info-Santé, qui m'ont dit de me rendre immédiatement à l'hôpital St-Luc, car ils ont un protocole pour ces cas et les traitent rapidement.. le rapidement était plutôt relatif ce soir-là, car on a attendu 5h (heureusement j'étais accompagnée :o) ). Passer la nuit à l'hôpital St-Luc est déjà une expérience en soi, mais se faire annoncer à 4h30 du matin qu'on (moi) devra prendre de la trithérapie jusqu'à ce que le jeune vienne passer lui aussi un test sanguin et qu'on reçoive les test, c'est plutôt choquant en soi aussi! La trithérapie, c'est pas pour ceux qui ont déjà le VIH?? Vous avez pas un autre moyen de protéger ma santé? Eh non.. alors 3 comprimés et 1 prise de sang en 3 veines plus tard, je suis sortie de l'hôpital, sous le choc... ai appelé mon patron pour lui dire que je rentrerais pas le vendredi, ai appelé ma mère, suis allée dormir à 7h vendredi matin, à 11h45, en sueur avec mal de ventre, j'appelle à la job et ils me disent que le jeune est allé prendre sa prise de sang : au moins ça. Je me recouche un peu, puis l'infirmière qui fait mon suivi pour l'événement m'appelle : ils auront pas le résultat avant mardi.. pardon??? Wooo minute là... après une dose, je suis sur le cul, mal au ventre, mal au coeur, je vais pas prendre 10 doses de plus!! Alors j'appelle à Ste-Justine, où le jeune est allé prendre sa prise de sang, et ils me confirment ce que j'avais appris plus tôt par une collègue (quand j'ai appelé pour voir s'il avait été prendre sa prise de sang) que dans le fond il y a un an il avait déjà passé les tests et ils étaient négatifs (pas de Sida ni d'hépatite) donc que le risque est faible. J'annonce donc que avec cette info, même sans l'accord d'un médecin, j'arrête la médic tout de suite. Je rappelle ensuite mon infirmière pour lui annoncer la même nouvelle. Les 2, honnêtes, m'avoue qu'à ma place ils feraient la même chose... donc d'ici mardi je ne suis pas encore sûre à 100% que j'ai fait le bon choix, mais je suis confiante.. voyons donc, une seule dose et j'ai encore des effets secondaire aujourd'hui... je peux pas encore manger ce que je veux, sous peine de me tordre de douleur 20 minutes après (je l'ai su à mes dépends ce soir : collation muffins et biscottes + fromage philadelphia n'a pas passé, alors que j'arrangeais (tentais d'arranger) un breaker qui avait sauté au mauvais moment (au moment où mon jeune tabassé voulait rentrer entrer dans la douche pour effacer un peu ça de son corps et de sa mémoire) j'ai du courir aux toilettes et laisser ça en plan... ouais... rock-and-roll la soirée...).
 
Et encore, il y a des choses que je ne raconte pas ... professionnellement parlant, ce ne serait pas éthique...
 
Bref là j'ai 2 jours de congé et je vais dormir... me reposer.. lire un peu...écrire j'espère...
 
Cette semaine, dans l'univers des possibles, c'est l'improbable qui gagne la côte... je m'affirme comme intervenante, ou comme superwoman, surfant au dessus des situations sans trembler (trop) en moi-même... tout en étant assez généralement adéquate (je crois)...
 
(Au moins tout cela m'aura servi à réaliser à quel point je m'ennuie de toi, quand tu n'es pas là....:o) XXXX )
8月5日

Un petit texte

Ou plutôt une petite suite poétique, écrite et retravaillée dans les nuits du 25 (en fait le 26) et du 26 (en fait le 27) juillet.
 
Ça va comme suit (j'en suis particulièrement fière, ça faisait un bout que j'avais pas écrit de texte, encore moins de suite poétique.. la dernière doit dater de l'été 2006...)
 
 
Fragments amoureux
 
 
 
La nuit
 
Je me tais
Pour que tu puisses dormir
 
* * *
(J'ai le dos lisse
sans ciller
mes larmes sont invisibles)
 
* * *
J'ai l'intérieur long
comme un corridor
exposé aux grands vents
 
* * *
 
Tu as la tête carrée, toi
bien comme il faut
Tu tournes rond
Tes idées ont une fin
(elles s'arêtent)
  
 
Moi ma tête tourne à vide
dans sa grande boule de cristal
Mes idées n'arrêtent que lorsqu'elles sont essoufflées
 
* * *
(Qu'arrivera-t-il, dis-moi
À la frontière de nos bombes atomiques?)
 
* * *
?Ça dépend de qui, la dépendance?
 
* * *
Tu souris
mais ça ne brille pas encore
Il manque l'éclat-bou-ssure
(ce n'était pas terminé)
nos feux crachent encore
* * *
 
(Tu m'as choisie, dis-moi
Tu m'as vraiment choisie comme ça?)
* * *
Comment pourrais-je te parler de moi
en utilisant d'autres mots que les miens
Mais alors
comment me comprendras-tu
avec des oreilles faites pour les tiens
 
* * *
Pourquoi déjà on ne dort pas encore
(c'est ma faute, toujours ma grande faute
J'aspire le temps, comme d'autres, les carrières stimulantes
J'ai toujours eu des goûts discutables)
 
* * *
Moi quand tu es fermé
comme une huître tombale
Mes yeux restent ouverts
J'attends les fantômes
(même s'ils ne viendront pas)
 
* * *
Et toi, parfois
Est-ce que les mots te mangent?